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Les
50/60 sont une classe d'âge à part, et à part entière,
encore adultes, en pleine possession de leurs moyens économiques,
mentaux et physiques, pas encore seniors, ils demeurent des acteurs incontournables
de la vie sociale, spirituelle, associative et économique du pays.
Avant l'avènement de l'ère capitaliste, et dans le cadre des structures traditionnelles, archaïques diront d'aucuns, leur statut était reconnu, et leur rôle établi; ils avaient le pouvoir, nourri et légitimé par la sagesse de l'expérience. Et puis est arrivée l'industrialisation qui les a laissés sur le bord du chemin de l'évolution. Aujourd'hui, ces temps ont changé, plus besoin de cette hyper flexibilité et de cette résistance physique, qui, attributs de la jeunesse paraissait leur faire défaut pour demeurer des bêtes de production performantes. Et pourtant, les attitudes à leur égard, sous l'influence d'on ne sait trop quels facteurs, viscosité, n'ont pas changé. Et pourtant, pourtant, ils vivent, intensément. |
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| Acteurs,
ils le sont au double sens du terme: ils jouent, et ils agissent; parfois
ils jouent plus qu'ils souhaiteraient agir, même si agir est, pour
eux, souvent devenu un jeu. En tout cas, ils débordent d'énergie et d'initiatives, sont sur tous les coups, de tous les projets; parfois, souvent, en ordre dispersé, sans structure, ni cohérence... Cependant donc, survivance de ce passé où, passés les 50 ans, on était vieux, il en est encore pour considérer qu'ils sont dépassés. Entre autres ces plans médias qui les épinglent, aussi fermement que le papillon sur le liège du collectionneur, au sein de cette classe d'âge fourre-tout et antichambre de la mort "les 50 ans et plus", qui les nient dans leur vitalité, leur originalité, leur potentiel, leur créativité, leurs capacités de conviction et leur richesse. Attitude d'autant plus grave qu'elle vient résonner à leur crainte majeure ! Tropisme macabre, classe d'âge tirée par la perspective de la mort! Gâchis... Entre autres, tous ceux là que seules intéressent les "Ménagères de moins de 50 ans..." qui, soit dit en passant, sont bien moins riches, et qui bientôt peut-être, seront moins nombreuses que nos quinquagénaires ! Ainsi englués, catalogués, fixés au sens photographique du terme, quel mal n'éprouvent ils pas à échapper à cette programmation... "Je ne suis pas un senior !"; "Mais si, mais si, mon vieux, je suis désolé, et je vous prie de rentrer dans votre case, s'il vous plaît !" Et pourtant, quelle richesse, quelle mine d'aptitudes, de motivations, d'expérience, de curiosités, d'appétits, d'audience même auprès des plus jeunes... qualités dont pourraient se repaître tant d'institutions en mal de chevilles ouvrières. En tous cas, je vous assure que cette population, ainsi que le laissent présupposer certaines communautés, telles qu'elles commencent à fleurir aux États Unis, les ressortissants à cette classe d'âge, seront les instigateurs de ce qu'on commence à appeler le communautarisme. Ré-apparition des cultures post-figuratives, telles qu'elles sévissaient dans les civilisations traditionnelles, après plusieurs décénies de dictatures pré-figuratives, d'hégémonie des modèles minet-minette, les modèles jeunes pour exorciser la trouille de vieillir. Futures années de reconsidération de la personne après le sacrifice aux idoles, jeunes, éphémères comme la jeunesse. Les masters d'aujourd'hui sont la première génération composée d'individus qui, en même temps qu'ils restent, ou sont redevenus les parents de leurs enfants, sont aussi "les parents de leurs parents". Au centre donc d'un système de forces demanderesses à leur égard; objets de tensions, de revendications, bientôt d'agressivité; en tout cas suppoort de beaucoup d'espoir. Et pourtant..., pour l'instant, pas grand chose ne bouge; peut-être sous l'influence de la crise et du chômage qui vient de la toucher de plein fouet, cette classe d'âge qui vient d'accéder à sa "conscience de classe", fait-elle le gros dos ? Ne pas trop se manifester pour éviter de provoquer les foudres du destin. Le Master aurait-il cessé de constituer un modèle avant que de l'être redevenu ? Il n'empèche...et pourtant.... Le présent petit ouvrage constitue la synthèse de plusieurs années d'études, de 1990 à 1995, portant sur des marchés aussi différents que ceux de l'alimentaire, l'entretien, la cosmétique, la santé, les loisirs, les transports, l'équipement, les media, etc... Pour la circonstance, on a par surcroît, réalisé une série de "groupe projectifs" et d'entretiens non directifs sans objectifs économiques précis, dans la seule perspective de l' analyse de l'objet de notre étude. |
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| MÉTHODOLOGIE
et ÉCHANTILLON I - PORTRAIT PSYCHO-SOCIOLOGIQUE DES 50-60 ANS 1 - Leur histoire commune. a. la guerre de 39-45 b. la guerre d'Algérie ("20 ans dans les Aurés, Master en 95") c. Mai 68 et le féminisme ("Master en 95, Fille de mai 68") d. la mort des idéologies e. les 30 glorieuses 2 - Les différentes étapes de la vie a. les âges de la vie b. la rupture 3 - La représentation symbolique des 2 bornes a. 50 ans b. 60 ans 4 - Le vécu de la décennie 50-60 ans a. les "vendanges" b. les "rendez-vous manqués" c. la "préparation de l'hiver" 5 - Structuration de la décennie a. 50-55 ans : bilan et jouissance b. 55-57 ans : les points de repère c. 57-60 ans : vers une nouvelle vie 6 - L'approche différente selon le sexe A- Les hommes a. chronique d'une mort annoncée b. de l'éparpillement à la sérénité B- Les femmes a. le bien être affiché b. l'apprentissage du désamour c. la résistance 7 - Le regard extérieur sur les quinquagénaires a. valorisation et exemplarité pour les plus jeunes b. dédramatisation des plus âgés 8 - Typologie des quinquagénaires II - ATTITUDES ET COMPORTEMENTS DES QUINQUAGÉNAIRES FACE à LA CONSOMMATION ET à LA COMMUNICATION 1 - La dynamique de la consommation 2 - Comportements et critères d'achat 3 - Les 50-60 ans et les medias 4 - Les 50-60 ans et la publicité |
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